Me voilà de retour à Caen. Malgré moi. Grâce à moi? Je ne sais pas si au
fond je veux revenir me terrer dans ma petite maison, même si c'est la maison la mieux du monde. Acquérir une indépendance c'est bien trop libérateur pour moi, alors revenir chez ses parents
c'est un peu comme un échec. Et me séparer de TOI c'est un peu comme une petite mort. "Les jours s'effacent et se ressemblent, on dissimule nos souffrances par peur de trop y penser..."
Tout va très bien madame la marquise, si je trouve une colocataire pour la rentrée c'est le pied d'enfer, parce que :
1° Je serais à Caen, donc pas besoin de me déplacer en voiture. Gros avantage en terme de
beuverie.
2° Je serais à Caen, donc pas besoin de me déplacer en bus vert. Gros avantage en terme de levage plus tardif le matin.
3° Je serais indépendante puisque les bourses scolaires sont gentilles avec moi et la CAF aussi, grâce à Dieu les APL existent !! Hallelluyia !!
4° Je serais en colocation avec espérons-le une amie très sympa avec qui je pourrais parler et rire, et boire si le coeur lui en dit.
Que les intéressés se manifestent.

Problème supplémentaire : Où travailler cet été? Il me faut absolument un salaire décent si je ne veux pas avoir à demander trop de sousous à mes parents
l'année prochaine. Alea jacta est. Donc, qui pourrait me pistonner se manifeste de même. Vous bossez ou vous cet été? Quelqu'un
aurait pas un plan pour moi? S'il vous plait !!
Bref. Tout ça pour dire que je suis de retour. A Caen. Avec vous. Qui peut manger le midi au RU avec moi lève la main. Je ne sais
pas vraiment si ça va me plaire, mais la vie fait son bonhomme de chemin. On verra bien.
See you soon.
Ce soir je me sens seule et j'ai bu. On a parler de choses beaucoup trop enfouies pour etre avouées. Mais c'est vrai je suis une
solitaire. Une sale égoiste comme on pourrait dire. Une qui ne pense qu'à ça gueule. Qu'à voyager et qu'à aider. Et ça nous a amener ou d'aider les autres comme dirait un certain connard de prof
d'histoire hein? Moi je ne manque pas aux gens mais les gens me manque. Je vous l'ai dit. Vous me manquez. Voilà. Je suis loin et vous me manquez et je ne pourrais jamais réaliser mes reves. Et
je dis ça et peu a peu ces reves m'échappent. Ou ils me rattrapent. Tant pis dans quel sens on prend les choses. Je ne sais plus qui je suis voilà. Et plus je me prends à penser et moins je sais
qui je suis. Adios mi amigos. On se reverra en enfer. Ou en Argentine, si vous avez le courage de me suivre. HASTA LUEGO...
Une fois j'avais écrit : "Sans lui, on est plus rien". Je crois que c'était à
propos de mon agenda je crois, mais ça se voulait à double sens. Oublie l'agenda. Sans toi, je ne suis plus rien. Tu m'apportes tout en fait, tout. L'affection, la confiance en moi, l'humour, la
jalousie, le plaisir, la bétise que j'aime tant. L'amour en fait, c'est comme ça qu'on dit? Ce mot parait creux par rapport à ce qu'il exprime.
Mon dieu ce que tu peux me manquer. :'(

Sans lui, on est plus rien.
Mon petit poussin est parti retrouver ses cahiers dans
notre petit nid douillet de Nantes. Il est parti le préchauffer avant que je n'y rentre à mon tour. Il faudrait, à son image, que
je révise d'inombrables pages. Mais c'est dur, alors je pleure ou je m'ennuie. Alors je me raccroche à des puérilités. La peinture (infantile), des recherches d'orientation (dans lesquelles je ne
serai jamais prise), des écritures (niaises). Je n'ARRIVE PAS à me motiver pour quoi que ce soit. Je ne peux pas me valoriser. Je me demande tous les jours comment on peut s'intéresser à moi. Je
rumine ma condition. Je n'essaie pas d'essayer.
Je je je.

Tout ça n'est qu'un jeu, ça finira comme toujours par un GAME OVER dégoulinant à la peinture rouge sang...
Où j'écoutais les Cramberries et où je pensais que le monde ne pourrait jamais et ne serait jamais heureux pour moi, pour nous. Parfois on défétise à mort et finalement ça fait du
bien. D'ouvrir les yeux. De paniquer. De se rendre compte...
Ce monde est pourri jusqu'à la moelle mon vieux. "La vie est belle le monde pourri"
Ecrase ta clope contre ma joue et observe le résultat. C'est pas un peu ça qu'on fait subir à tout un continent? Lui écraser une clope bien fumante sur le coin de la gueule hein?
Quand je dis "tout un continent" je suis sympa hein. T'as oublié tous les autres là. Bref, je chiale, normal.
J'en ai marre d'etre ici, pourrie par l'argent et le non sens. POurrie par le stress et la connerie. Tssssss achève moi, achève nous s'il te plait avant qu'on ne redémarre une
catastrophe bien pire.
"Et c'est parce que j'm'achète des fringues qu'y'a des enfants qui crevent au taffe"
En plus jouasse, je vais aller courir dans un champs de blé sous un soleil tout rond des que je reverrais ma petite Camille. Même si c'est en pensée, ça sera génial.
Bisous....

"It's not my imagination, not my imagination not my imagination
Not my not mynot my not my not mynot my"
A l'heure où je vous parle je devrais probablement être en train de réviser l'âge du fer ou celui de la pierre polie, l'iconographie de la Vierge ou l'histoire d'Hammourabi....
A l'heure où je vous parle mon chat ronronne sur mes jambes et ma marmotte couine sur mon nez...
A l'heure où je vous parle j'ai la tête épuisée mais je me souviens en souriant de cette nuit du 31 décembre 2007 au 1er janvier 2008.
A l'heure où je vous parle je voudrais vous revoir...
A l'heure où vous me lirez je serais surement en train de dormir... Ou de pleurer. C'est désespérent de ne
rien savoir faire, c'est deséspérant la fatigue. C'est desespérant sans Boris...
Demain je ne sais pas si je serais à nantes ou encore ici, à caen. Mais ça va, je vais bien. Je ne réalise pas encore tout a fait que j'ai flingué le moteur de la
voiture familiale, et j'ai un portable. J'aime bien les touches de collages dans les dessins à l'encre, même si les miens sont catastrophiques. Je vous ferez signe quand ce sera la fin, ne vous
inquiétez pas. En attendant je vais aller transférer tout ce qu'il est possible de transférer sur mon nouvel ordinateur... See you soon if you
want...
Les doigts muets.
Je suis rentrée. Plus tôt que prévu. Le desespoir infantil en moi. J'ai des accès de paniques et ça me
panique.
Malgré ma taille et mon âge, je ne suis qu'une gamine qui demande de l'attention.
J'avais besoin de ma maman, de mon papa, de ma maison, de mon chat, de mon lit, de mon jardin de mes amis, de tout ce que je connais, du parquet tiède sous mes pieds, du ciel humide de
Normandie, de l'odeur de ma marmotte, des champs de maïs pas encore tout a fait coupés.
Un coup de panique insurmontable. Le coeur lourd comme une pierre. Le sentiment de solitude qui vous prend, qui vous enveloppe, qui vous domine, qui n'est alors plus que le seul sentiment
existant, horrifiant, inexprimable.
Quand tu te sens seul, tu te sens petit. Tu te sens sale. Tu te sens inhumain, insignifiant, ininteréssant. Tu ne te sens plus vivant.
Je panique, je panique, comme si j'allais me noyer parmis cette foule que je ne connais pas, dont je n'arrive pas à me rendre familier un seul visage, toutes ses identités inaccessibles. Ces
lieux que je n'arrive pas à m'approprier, cette marée inconnue qui déferle sur moi, qui m'aspire vers le fond, qui m'emplie la bouche, qui m'empèche de crier et de respirer. Comme si je me
débattais infiniment avec moi-même pour sortir de là, pour remonter à la surface, mais c'est plus fort que moi, ça me prends les trippes et ça me pousse à fuir. Loin.
Revenir.
A force de jouer aux grands on s'en mord les doigts.

photo de Clem du dessin de Clem (que je coucoute par delà l'Atlantique)