Y'a toujours des nouvelles cachées qui ressurgissent la gueule ouverte et qui vous croquent un boût de coeur.
Tant pis au fond. C'est la vie et à force de le dire on va finir par le croire, m'enfin bon ça surprend quand même. Les vacances avec vous,
c'était très bien. Avec toi en plus ça aurait été génial. Vous voulez que je vous dise? J'ai pas envie de bosser en aout. Parfois je flippe à mort de me retrouver dans une cité U l'année
prochaine. Et dans une fac, aussi. Tous vos regards vont me manquer. Vos conneries aussi. J'ai plus la force de réagir face aux dangers. Je suis effrayée de ce que je pourrais envisager qu'il
arrive.
Je veux de la douceur. Arrêtez de me violenter avec vos horribles nouvelles et vos critiques en coin. J'veux une grosse couette, voilà.
Et des bisous tout doux. Avec ton odeur imprégnée dans les oreillers.
Je veux dormir
dans tes bras.
Bris de glace au réveil et disparition du système de son. Faut s'y faire, c'est les voitures les plus pourries qui se font le plus pourrir. Tsss tsss tssss. Oui parce qu'il faut le
dire, j'ai mon permis et ouais. Depuis cinq jours, et déjà beaucoup de chance. Ce qui m'emmerde le plus, je dois dire, c'est qu'ils aient osé éclater la voiture de mon oncle. Bon quand je dis
éclater, tout est relatif. Il manque que un carreau hein, c'est pas gravissime, mais quand même, c'est le symbole. Le p'tit détail qui blesse.
Y'avait "redemption song" dans l'auto-radio. ça aussi c'est l'symbole, mais c'est çui qui fait mal.
J'ai encore ta marmotte, et celle là, le premier qui y touche, il est mort. J'pense a toi souvent en fait. Quand j'ai rien d'autre à penser. Mon père m'a rappelé l'autre
jour que c'est moi qui avait explosé le cendrier. C'est vrai. J'm'en souviens, c'était dans le chemin des chasses, à la tombée du jour, y'avait même des oiseaux qui s'envolaient des blés, on
allait chez vous. J'sais pas pourquoi j'me souviens de ça comme ça. C'est les oiseaux, va falloir que je perce un mystère, j'me souviens souvent, dans ma mémoire visuelle, d'oiseaux qui
s'envolent. ça doit me toucher particulièrement. J'sais pas non plus pourquoi j'dis ça maintenant et ici.
En fait c'est plus simple de parler de ça à l'écrit. Apart pleurer, à l'oral c'est dur, pis ça barbe tout le monde. La vous lisez, vous lisez pas.
J'en saurais rien et puis j'm'en moque. C'est écrit et ça soulage. Vous avez pas besoin de faire l'effort de me consoler, de toute façon
dans ces cas là, on sait jamais quoi dire. En fait c'est parce que y'a rien à dire.
J'veux pas oublier et c'est peut-être un tort.
On rajoute des photos, et ça marche pas. Comme si les mots suffisaient, que les images étaient superflues. Tant pis pour moi il faut croire. C'est
peut-être trop indécent.
Un petit bac dans la poche...
Un petit rendez-vous pris vendredi avec l'université...
Un petit chèque de caution envoyé pour ma chambre...
Une présentation au permis demain matin... Croisons les
doigts...
ça serait pas le début de la maturité? JAMAIS !
J'veux pas grandir. "Je voudrais pas crever", comme dirait Vian.
J'ai peur et j'ai soif en même temps. Pressée à mort, comme un citron. Avec une frousse bleue,
l'angoisse du "sans vous", du "demain".
Toujours se lever dans l'impartialité et justifier une conduite qui ne résulte que de l'autorité douteuse d'une pensée trop contrôlée. En cours d'HiDA il nous
arrive d'écrire des choses bizarres. Quand on fouille son agenda on retrouve des mots en l'air, des mots pour rien.

Sans lui, on est plus rien.
Imagine toi, à 19 ans, après un an de Fac et un an de boulot de facteur, partir en stop, sur la route.
Traverser seul l'Espagne, faire escale au Maroc, passer par l'Algérie, puis par la
Tunisie, cheminer à travers la Libye, puis l'Egypte, l'Israël, la Jordanie, l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan,
l'Inde et le Népal.
Imagine ces pays qui n'étaient alors pas en guerre.
Aller comme retour. Stop, bus et trains bondés parfois. Une épatite qui t'arrête un mois dans un hôpital indien, après t'être fait sauvé, évanoui par terre, dans la rue.
Imagine toi, après une imobilisation forcée dans un hôpital, repartir dar-dar au Népal et vivre dans un monastère, parmi les moines
boudhistes.
Imagine tes parents qui ne savent pas où tu es et qui reçoivent par la poste ton echarpe et ton duvet. Imagine le long retour en bus.
Imagine tes souvenirs après ça. Et ton epanouissement personnel. Le chemin de la construction intérieure.

J'aimerais bien marcher sur les pas de mon oncle.
les ptites notes dans ma tête. La nostalgie des souvenirs. Ouais ils me rattrapent souvent ceux-là, surtout quand je sais pas quoi faire. Surtout quand je fais rien. Ils
valent le coup bien sûr, mais ils font drôlement mal aussi. Ils existent immateriellement mais ne le seront plus jamais dans les faits. Ils sont rééls oui, mais pas concrets.
Ils sont passés. Ils étaient.
Tu demanderas à ta Maman ce qu'elle ressent quand elle te revoit tout petit sur les photos jaunies. ça ressemble à ses yeux à ce moment là, la nostalgie. Et ta
Grand'mère, quand elle te raconte sa rencontre avec ton Grand'père. A chaque fois que j'y repense, je pleure à sa place tiens.

Y'a trop de gâchis aussi dans tous ces souvenirs. tant pis, ça devait être comme ça. Dommage pour moi je ne suis ni fataliste ni déterministe. ça aurait donc pu être autrement. C'est ça qui fait
le plus mal sûrement.
Essaie de mettre les mauvais de côté, mais évite de te remémorer tout le temps les bons. Invente toi un futur plutôt.
Et puis va dormir tssss.
ça engage à pas grand chose et finalement ça rend heureux.
J'aime passer des heures à ingurgiter des images et des textes, ça me fait à chaque fois pleurer mais j'en ressors avec un nouveau point de vue, une nouvelle
sensibilité, une nouvelle culture. Donc j'aime beaucoup.
Quand la dame à vos côtés pleure pendant deux heures, c'est dur de ne pas vous y mettre. Déchirant un père qui pleure... Même si c'est pas le
vôtre.

Il fait beau et puis il pleut à torrent. Quand je dis "il fait beau", c'est pas vraiment vrai en fait, il fait un peu moins moche quoi. Quand je suis dans mon lit et
qu'il pleut à torrent dehors, j'adore ça, vraiment. ça me rappelle les vacances dans la caravane à Cherbourg avec Manon, et puis la p'tite souris qui me
donnait quatre fois plus que chez moi. ça me rappelle les vacances à Bénodet avec Méloue, et les quinze jours de cordes d'eau qui s'élançaient sur la toile de
tente. Les quizz des magazines de filles et le p'tit vendeur de la maison de la presse.
ça me donne le sourire avant de dormir, ou en me réveillant.
Et puis cet après-midi, j'ai beaucoup aimé te voir. :) Pour de vrai...
Gypsy Caravan
Putain on a perdu notre humanité. Elle brûle dans leurs yeux, sous leurs mains, dans leur musique. Nous on l'a complétement oublié derrière notre empressement,
notre soif d'aller vite et de ne plus vivre.
Ils vivent et font la fête, malgré leur pauvreté et leur lutte contre le racisme.
Leur sensibilité et leur courage réunis, leur force de vivre, ouaouw. J'ai pleuré tout le long. Rien qu'à la première chanson....

Devant toute cette beauté mes sens ne peuvent pas tenir. Mes nerfs en prennent un coup. C'est dur à définir en fait, cette force dans leur être.
On ne se retient pas.
Et nous pauvres "occidentaux" qui avons perdu toute notre culture, renié toutes nos racines, oublié tous nos principes. La philosophie est bien loin maintenant.
J'veux d'la tendresse.
Quatre petits jours dans les salles de ciné.
Il ne fait pas beau dehors. ça tombe bien, on aura moins de regret. Dans la salle obscure, contre le velours des fauteuils il fait bon vivre. La liste est
longue, j'en ferais un petit programme.

Le feu d'artifice était comme tous les
feux d'artifice de villages. Mais j'aime bien, et puis les années yéyé, yeahhhhhh !!
"So Darling, darling standddddd by me, stand by me, stand byyyyy me !!!"
(Ben E. King). Je ne connaissais en fait que la version de Saez, et l'originale est nettement plus enjouée quand même (rien d'étonnant à cela).
J'ai rien à dire en fait, j'veux juste déposer des impressions que j'ai déjà oublié. Vous savez, le genre de truc où vous vous dites : ça, faudra que je le raconte... ça faudra que je l'écrive,
même en tout ptit, même dans un coin, ou juste en titre, mais ce détail de vie faudra que je le relève.
Moi ça m'arrive souvent, et souvent je l'oublie.
La mer était belle à Granville hier. Je crois que je suis prise, et ça me fait du bien.

Allez, je file !
Goodbye Bafana, Le Scaphandre et le papillon, Boulevard de la mort, Le Bonheur d'Emma, Made in Jamaica,
I don't want to sleep alone, Persepolis, Gypsy Caravan.... Et tout ça en quatre jours, faut s'y mettre des maintenant !!
Vienne qui veut. Je vous redirai. Tchouss !

J'ai de la flûte de Pan dans les oreilles et ça me donne sauvagement envie de partir voir le Pérou. Machu Pichu, comme dans la salle
d'Espagnol. On se cloître chez soi tout en sachant qu'on aime pas ça. Mais on a pas le courage de se bouger. Tant pis, ça permet de consulter La Redoute et de faire
sa consommatrice, des fois ça fait du bien aussi. Se noyer dans l'avoir plutôt que dans l'être, faut dire que mon être, il se ramenuise beaucoup.
J'aimerais bien avoir le charisme des intellectuels fiers de leur savoir, des vieilles dames qui ne se nourrissent que de
leur jardin, des idéologistes sûrs de leur cause, des chanteurs diseurs de vérités, des beaux acteurs, des
grands réalisateurs, des poêtes sans queue ni tête..
Je n'ai que le charisme d'une huître. Et encore... J'aime pas les fruits de mer.
Au coeur de la grande ville je vais me faire piétiner tiens. Cité Berlioz. Fac de Lettres, Langues et Sciences humaines. ça paraît immense, intense, insondable et
insurmontable. J'vous inviterai dans mon neuf mètres carrés. J'aurais préféré qu'ils soient ronds ces carrés. Pas grave, on vous casera
dans les coins.
:)
(Entre grandes parenthèses : j'écoute un vieux CD de Samba de mes parents, et y'a une vieille version de "mama eu quero,
mama eu quero, mama eu quero mamaaaaaaa, da chupeta da chupeta !!!!!", C'est donc une reprise? O_O J'en suis comme deux ronds de flan -
cette expression ! hihi !)